Ceux et celles qui sont désignés comme « fort(e) » par leur environnement se retrouveront peut-être à travers mes propres mots.
Pour les autres : les « pas forts », ils trouveront peut-être des questions aux réponses qu’ils ou elles n’ont jamais chercher à se poser.
Jusqu’à mes 11 ans, je ne savais pas que j’étais « forte », je ne le savais pas car je n’avais pas encore pris conscience que j’étais destinée à le devenir.
Longtemps, je me suis convaincue que j’appartenais à cette « race » des forts !
Jamais, je ne m’étais posée la question de savoir si je l’étais …
Pourquoi se poser ce type de question, quand tous ceux qui sont autour de vous, vous l’affirment sans ambages — Il n’y aucune raison de remettre en cause, ce qui semble évident aux yeux de tous.
Moi-même, je n’avais aucune raison d’en douter ; non, je n’avais aucune raison de le faire car je n’avais jamais pris le temps de me questionner.
Dans la vie, on se forge un caractère, à moins qu’on ne vous le formate
sans même que vous n’y preniez
gare.

Qui êtes-vous ?
Qui suis-je ?
On est ce qu’on attend de nous, la plupart du temps !
Partout, autour de nous, se bousculent les attentes ; elles sont là, haletantes, pressantes et obsédantes.
Elles nous épient, nous jugent et puis finissent par exiger, des résultats. Des résultats, probants, effectifs et efficaces, des résultats que l’autre, celui qui les attend, n’essaie pas d’obtenir par lui-même.
Le « fort » doit nécessairement servir de pilier pour que le « faible » puisse s’y adosser : il doit puiser dans ses ressources, les astuces pour consolider ses bases, pour ne pas plier sous le poids de toutes ces attentes.
Il n’a pas le droit « le fort » de se briser car de sa force dépend le maintien de l’autre.
Le « faible » a tous les droits, il réclame à l’autre ce que la nature ne lui a pas fournie ; il met le « fort » en position de compenser un déséquilibre.
L’un a reçu, au détriment de celui qui n’a pas eu !
L’un est pourvu quand l’autre, est démuni.
Le démuni, est fatalement une victime de la vie.
Il se lamente sur ses faiblesses, geint sur ses failles béantes que le « fort » ne peut pas comprendre, puisqu’il est –lui- soudé de partout…
En caractérologie, le « fort »
appartient à la catégorie des martiens (lol)
et les « faibles » à la catégorie des vénusiens (re-lol).
Les uns sont des locomotives et
les autres, considérés comme des « boulets ».
La nature aime la coordination, les hommes aussi.
Le faible choisira son fort et le fort prendra la main du faible.
Tout semble s’orchestrer avec un équilibre naturel.
L’un compense l’autre… jusqu’au jour où l’autre prend conscience que …
être fort, c’est se faire consommer par des + faibles.
Mais, jusque là, rien de bien méchant.
Là où le problème devient plus grave, c’est quand le fort réalise qu’il se fait vampiriser.
Alors, il s’en insurge, émet des signaux pour faire cesser l’absurdité, tente de mettre la lumière sur ce que l’autre n’a peut-être jamais vu…
Puis à force de courage et d’éclairage, il réussit à activer une lueur de conscience de l’autre côté.
Et là, c’est la catastrophe, le « faible », débusqué dans ses manigances obscures, s’indigne, claironne haut et fort et puis, incapable d’assumer la moindre responsabilité, bat en retraite et pour finir ...diabolise… le « fort » qui ne veut plus être abusé.
Un fort, n’a jamais le droit de dire « stop ».
Le « fort » a des Devoirs, le « faible » a des Droits…
Je rêve d’un monde où chacun se lèverait pour affronter ses propres difficultés et assumer ses Responsabilités.
Attendre, exiger, réclamer : ce n’est pas aussi épuisant …
Agir, lutter, développer : c’est bien plus éprouvant …
Et pourtant, je m’étais laissée dire que sur cette Terre :
C’était l’Épreuve qui nous attendait !
Il faudra bien qu’un jour, chacun l’affronte en son nom.
Pour ma part, la coupe est pleine, je ne sais que faire de son débordement. Autour de moi, la terre est gorgée, l’inondation guète, je colmate les brèches, calfeutre les porosités.
Mais, j’ai appris une autre chose, sur cette Terre …
Face à l’eau qui monte, l’homme n’a plus de droits.
Il n’a plus que ses bras !
Et faibles ou forts, ils sont tous nécessaires.
Je suis née, ni faible, ni forte.
Je suis née avec cette capacité à affronter.
C’est cette capacité qui a été détectée chez ceux et celles
qui m’ont désignée comme « forte ».
Je n’en tire aucune gloire.
Je réfléchis juste à celle que j’aurais été si
je n’avais pas été contrainte dès mon plus jeune âge à être —forte—
même quand je ne le souhaitais pas.
Le choix de l’acte est ce qui détermine notre vraie liberté.
Il est clair que toute liberté reprise a un prix… cher à payer.
Mes forces, j’ai reprises pour que plus jamais,
elles ne me soient volées ! Ainsi,
je les utilise quand
bon me
semble.
Publié dans Divan de
Jenny
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