publié dans : ROMAN d'une martienne célibataire
Samedi 12 avril 2008

 

Très chère Jenny,

Hier au soir, je suis passé au BAR des TGG et j’ai eu la surprise d’y trouver ton amie Angie qui tenait le bar. Je ne savais pas qu’elle s’était mise avec un gars, je la pensais anti mec. Enfin bref, tant mieux si elle a changé d’avis, elle semblait d’ailleurs parfaitement épanouie dans son rôle de barmaid.                              

 

 

 

Je lui ai demandé de tes nouvelles et elle m’a dit que tu ne sortais plus ton nez de tes bouquins et qu’après tes examens, tu envisageais de partir en vacances en Irlande avec une autre copine.

Alors, comme je n’ai plus l’occasion de te voir depuis ta rupture avec Fomacho, j’ai décidé de t’écrire. La discussion que j’ai eue avec Angie m’a donné le courage de le faire.

J’ai écrit et réécrit cette lettre que tu lis, tu sais qu’écrire c’est pas facile et je ne suis jamais arrivé à trouver les mots exacts qui étaient dans ma tête mais j’espère que puisque tu m’as toujours dit que t’étais martienne et apprenais les langages, tu comprendras le mien.

Jenny, je suis fou amoureux de toi et si jusqu’à présent, je ne te l’avais jamais dit, c’était parce que tu étais l’amie de mon meilleur ami. Angie m’a affirmé que de ton côté tout était bien fini car je te confie au passage qu’au « pré des étudiants », Fomacho laisse planer le doute sur votre liaison et nous a dit que tu te consacrais à tes examens. 

Jenny, je t’aime depuis le premier jour où accompagnée de Fomacho, tu as fait ton apparition  au « pré » pour la première fois. Je me souviens encore de la tenue que tu portais, de tes beaux cheveux cuivrés et ondulés, de tes yeux si bleus et de ta bouche toujours souriante et rieuse. Tu semblais et à la fois intimidée et à la fois joyeuse, ta spontanéité et ta gentillesse m’ont tout de suite séduit et j’ai pensé qu’une fois de plus ce Fomacho avait encore eu trop de chance.

Il ne te méritait pas, il ne t’a jamais mérité, jamais comprise et je ne compte plus les fois où je le lui ai dit mais il ne voulait pas l’entendre, il a toujours été si sûr de lui depuis la maternelle.

Tu ne pourras jamais t’imaginer combien j’ai pu souffrir en silence de votre histoire, de vos disputes incessantes, des tes larmes versées que je ne pouvais faire cesser. Combien de fois n’ai-je pas failli te dire de le laisser tomber mais je ne le pouvais pas par loyauté envers l’ami ; tu sais que nous le sommes depuis des années. Tu ne sais pas mais je me suis même battu un soir que toi partie en larmes après l’une de vos disputes, il s’est mis à boire et a déblatéré sur toi. C’est les autres du pré qui nous ont séparés et heureusement !

Ce soir là Lousticat m’a traité de tous les noms et taxé d’ami indigne et elle a même fini par me convaincre que je l’étais tant je me suis mis à regarder Fomacho avec les yeux d’un ennemi. 

Depuis que je ne te vois plus je suis aussi perdu que lui mais moi je n’ai pas eu la chance qu’il a eue avec toi.

Tu m’as si souvent parlé de toi, tu m’as si souvent écouté aussi. Tu es la seule fille à qui j’ai raconté toute ma vie même si elle n’est pas très intéressante je le reconnais. Tu es la seule à m’avoir dit que j’étais brillant, que tu admirais tout ce que je savais faire et que j’avais tort de penser que personne ne s’intéressait vraiment à moi. souviens-toi, tu m’avais même fait remarquer que si je ne sortais avec aucune fille c’était parce que je craignais de ne pas être compris et tu m’avais rassuré en me disant que j’étais facile à comprendre et à vivre.

Et j’ai souvent réfléchi à cela et me suis dit que tu avais raison, j’ai toujours pensé qu’aucune fille ne pourrait comprendre ce qu’il y avait dans mes pensées. Mais toi tu les devinais et me rassurais. Auprès de toi, je me suis toujours senti utile mais pas utile en réparant ceci ou cela car tu n’as jamais voulu me demander quoi que ce soit mais utile dans le sens ou d’un seul coup ma vie avait un sens autre que celui de poursuivre des études sans savoir ce que j’allais faire de ma vie. Avant de te connaître, je croyais dur comme fer que ma vie, c’était réussir mes études et ensuite ma carrière mais maintenant, je sais que tout cela est devenu secondaire. 

Voilà Jenny, je t’ai résumé ce que j’avais sur le cœur et je ne supporterais pas que tu partes sans me revoir. Tu sais que je vais obtenir mon diplôme d’ingénieur sous peu et que je suis donc supposé quitter définitivement cette ville. Je ne veux pas laisser derrière moi celle qui est et sera de toute façon, la femme de ma vie (je sais, je n’ai jamais vraiment connu d’autres filles mais justement !).

Jenny, j’ai bien réfléchi et tu sais que je passe mon temps à réfléchir donc que je ne fais jamais rien à la légère !

S’il te plait, promets-moi de ne pas rire.

Mais Jenny, est-ce que tu m’accepterais comme homme de ta vie ?

Là où tu voudras et de la façon que tu voudras, je t’épouserai.

Là où tu voudras, je vivrai.

Car si tu es avec moi, je n’aurai besoin de rien d’autre.

Mais pour toi, je soulèverai les montagnes.

Je sais, je rêve comme un con sans doute mais si je ne te l’avais pas dit, toute ma vie, je le regretterais.

Voilà Jenny, toi seule as le pouvoir…

Ne me laisse pas trop longtemps dans le noir, je suis sûr que tu sais combien j’ai mal de craindre ta réponse.

 

Quoique tu décides, je resterai ton ami.


    Sétoufair    



                                             
                                                   Lire la suite…


par Jenny la Martienne communauté : Célibataires en chemin...
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