Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /2008 15:48
- Publié dans : ROMAN de Jenny la Martienne - Par Jenny


larme.gif Difficile d’échapper à la bête qui vit en soi
, oui difficile !!! Pour qui l’a expérimenté, il peut en témoigner. Au cours des semaines suivantes, Macho fut plus vrai que nature à un point tel que j’en conclu qu’il avait fini par jeter aux orties le malheureux « fo » qui si longtemps avait résisté. 
C
’était pourtant son côté face et « fo » qui m’avait séduite ! L’autre, son pile « macho » tombait toujours à pic pour me pousser dans mes derniers retranchements. Corps à corps, nous luttions contre ce poison qui putréfiait son sang. Une partie de lui se voulait aimable et amoureux et l’autre exigeant et détestable. Dès qu’à bout de forces, je prenais l’éponge pour lui coller en pleine figure, il se jetait à mes pieds pour me quémander mon pardon. Et là, se confondant en mille excuses, il bredouillait des sons que lassée, je finissais par rejeter pour ne plus les entendre.

Les semaines défilaient tarissant toutes mes ressources, m’arrachant mes maigres espoirs, raclant mes derniers fonds de tiroir ; histoire de me démontrer si démonstration il fallait encore que notre fin d’histoire était inéluctable !
Chaque jour je percevais, au fond de l’œil de la bête, sa lueur d’inquiétude qui se consumait en quelques rares braises. Le venin, désormais, infiltrait chaque atome de son être et chaque seconde, je m’interrogeais pour savoir quand, je ne reverrais plus jamais, le visage de celui que j’avais sporadiquement aimé. De cet amour en intermittence, il ne me restait plus que la mémoire de quelques odeurs suaves, quelques regards graves et quelques  gestes tendres.
Il me fallait m’y résoudre ! Quand toujours un peu plus fort, la mémoire venait se substituer à la raison réalité, c’est que l’heure de vérité avait plus que sonné.
J’ai toujours redouté tout ce qui émanait d’une source vérité tant elle présageait des mauvais moments à passer. « La vérité est une agonie qui n'en finit pas » (Céline). Et agonir comme agoniser sont sur cette Terre, des verbes que je n’ai jamais aimé fréquenter.
Le paradoxe de la vie c’est qu’elle aime les entretenir !
Fomacho qui les avait tant cultivés ne les entretenaient même plus, il se contentait de les laisser vivre ou plutôt vivre pour eux. Dans ces moments de grands désarrois, il voulait s’en débarrasser et se douchait dès qu’il se sentait attaqué par une peau de démon qu’il ne voulait plus héberger. Puis, il finissait épuisé par me lancer : « à quoi bon, cela doit être moi puisque c’est en moi ».
Comme si le venin était soi parce qu’il était en soi ??? Cela n’avait pas de sens pour moi mais c’était le seul sens qui finissait par l’apaiser. L’acceptation, le renoncement assuraient la fin d’une bataille et peut-être même la fin de toutes ses guerres.
Combattre devenait inutile, se résigner le libérait.
Il est des forces qui réclament trop d’efforts et les siennes encore davantage.

Je finis par déposer les armes et prendre ma plus belle plume  pour non pas l’achever mais nous délivrer ...
                                 De tous les trois !
 

 

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