Quoi de plus banal que de passer le WE chez son petit ami, sauf si le WE en question ne doit pas se dérouler dans son lieu
habituel !
Je pris donc la peine, au préalable, de me renseigner sur les personnes que je pourrais croiser en un lieu un peu
moins conventionnel, un lieu susceptible d’être piégé par ses hôtes ; des hôtes qui après tout vivaient dans ce lieu familial, leur domicile à eux !
« No stress » me répondit Fomacho, toujours plus Fo que Macho, donc plutôt
Romantico !
Nous aurons la maison pour nous tout seul, mes parents sont en WE et mes frères restent sur leur
campus.
« Tu verras, nous allons passer un WE cocooning et je te présenterais mes potes d’enfance. Ce sera super cool,
je suis pressé de te montrer, ma chambre d’enfant, mes photos de moi bébé et mon univers secret ! Tu verras, on va passer un WE d’enfer ensemble, j’ai hâte d’y être. Je veux que ces moments
soient inoubliables et qu’ils restent gravés dans ta mémoire. »
-Hummmm, si tu penses que c’est une bonne idée et que cela ne dérangera pas ta famille de savoir que tu invites une
amie chez eux pendant leur absence, pourquoi pas…
- Tu rigoles, mes parents s’en fichent, j’invite qui je veux et de toute façon, je te le redis, y’aura
personne.
- Ok ok ok, du moment que tout est clair, que tu préviens ta famille et que ça te fait plaisir, pourquoi pas,
passer ce prochain WE chez toi.
Pourquoi pas en effet !!!,
Romantico avait sans doute raison, rien ne vaut un WE ambiance « chambre d’enfant » pour s’imprégner de
la longueur d’onde de son p’tit ami. Je ne connaissais rien ou quasi rien de ce qu’il avait été petiot et cette rencontre avec son passé ne pourrait que m’émouvoir. Oui, rien que d’y songer, je
me délectai déjà de ces moments de bonheur dans l’intimité totale de son lit d’ex « bébé » .
Il fut convenu que je le rejoindrai en TGV, le vendredi et qu’il viendrait me chercher à la gare. Tout était donc
orchestré pour éviter tout moment de panique de ma part car je n’avais pas pour habitude de débarquer en solo sur les quais d’une gare de métropole. Désolée, mais sur Mars, tout est assez
calme.
Milieu d’après-midi, Moi, Jenny la Martienne, je descendais de mon wagon, oppressée par une poussée d’adrénaline
peu commune. Mon regard balayait de ci et de là, tout ce qui de près ou de loin pouvait ressembler à un « romantico » possédant une tête blonde juchée sur un bon mètre
91.
J’allais sortir mon portable pour envoyer un avis de détresse quand subitement,
j’entendis :
« Jennyyyyyyy, houhouuuuuun Jennyyyyyy… suis làaaaaaa… »
Fomacho ? serait-ce la voix de mon Fo que j’entendais mais ne voyais point ?
Là, de mes incertitudes, je fus soudainement soulevée de terre, comme un fétu de paille sous le rire hilare de
certains et le sourire ému d’autres. Je virevoltais tournoyais, au beau milieu de ce quai dans les bras de ce bellâtre vigoureux quand je sentis que j’aurai le mal de mer si je devais partir en
croisière.
Fort heureusement, mes pieds attrapèrent au vol le sol mais Romantico m’inonda de baisers sans se préoccuper ni de
mon malaise ni de se donner en spectacle.
Puis, il me prit les deux mains et me dit : « chui si content, Jenny de te voir, tu peux pas
savoir… »
- Oui, je vois ça mais tu sais, si ma mémoire est bonne, nous avons
dîné ensemble avant-hier ?
- Oui mais c’est pas pareil, ici, on est chez
moi !!!!
- Ah, excuse moi, c’est un détail qui présentement
m’échappait.
- Bon, si t’es d’ac, j’ai prévu qu’on profite d’être en ville pour
faire les boutiques, j’ai envie de te gâter…
- Ah ! t’as gagné au loto ou casser ton cochon dans ta
chambre ?
- Ahaha, Jenny, sois pas rabat-joie, je suis trop trop content que
tu sois làaaa avec moi.
Je m’exécutai donc, pas question de le contrarier dans son programme, il était si réjoui qu’il souriait comme un
amoureux crédule au bras de la plus belle femme du monde. A force de le lire dans ses yeux, je finis par faire un break devant une glace pour voir la tête que j’avais… Oulalaaa… Bon enfin bref,
ce qui comptait c’est que lui soit persuadé que j’étais la plus belle femme du monde.
J’avais lu que l’amour rendait aveugle ; à ce point là, je ne l’aurais pas crû ! mais bon, un temps pour
tout, un temps pour savourer sa candeur et un temps (le plus tard possible) pour pleurer sa vue retrouvée.
Nous fîmes donc la tournée des boutiques et partout où il rentrait, il furetait dans tous les rayons pour me
dénicher et me faire essayer la moitié des robes du magasin.
« Ehh Jenny, essaie celle là, elle est trop géniale sur toi, on la prend ??? »
Bon sang, difficile de résister à un homme envoûté, ma carte bleue chauffait autant que la sienne car je craignais
le courrier prochain de son banquier.
Bon, Roméo ! c’est bon, on arrête les boutiques, j’en ai plein les jambes et je crains de ne pas avoir le
temps de porter toutes ces décorations !!!
« okokok mais on passe à la parfumerie, je tiens à t’offrir LE parfum que tu ne porteras que quand tu seras
avec moi !!! »
Pffft, c’est pas possible, et après on dira que les femmes sont futiles et
dépensières !!!
La parfumerie de la grand’rue était immense et à peine entrés, une vendeuse se jeta sur nous (elle avait flairé, le
gibier complaisant).
« Je voudrais un parfum d’exception pour mon amie --- qu’est làaaaa !!! »
« mais bien sûr monsieur, je vais vous conseiller si vous voulez bien me suivre… »
Trois quart d’heure plus tard, la sélection était enfin réglée, restait que la taille du flacon à
déterminer.
« Je vais prendre le plus grand » claironna Romantico sous le regard des clients attendris devant cet
amoureux modèle.
Heuuu excusez moi mademoiselle, mais je pense que le petit flacon fera l’affaire, je ne vais le porter que pour des
occasions précises, je pense donc que le petit suffira !
La vendeuse me foudroya presque sur place et s’adressant à SON client :
« Et qu’en pense Monsieur ? »
« Monsieur en pense comme SON amie, le petit flacon fera l’affaire !!!!!!! » Lui hurlai-je un peu
fort dans les oreilles, j’en conviens…
« SOIT » claqua la vendeuse qui souffrait du temps qu’elle avait mal mis à profit par ma
faute.
Enfin, enfin, enfin --- Nous finîmes par rejoindre le véhicule au parking le plus pollué de la ville et enfin, je
m’assis morte, les pieds en compote et pressée de rentrer (debout depuis 6 h du mat après une très mauvaise nuit).
Après quand même plus d’une heure passée dans les embouteillages, nous arrivâmes enfin à l’entrée d’un cottage, où les maisons avaient poussé comme des champignons, les uns sur les autres. Nous tournâmes à droite puis à gauche puis troisième
à droite puis quatrième à gauche et enfin, enfin LA maison était là…
Et voilà, madame est arrivée à bon port :
« Bienvenue chez moi Jenny !!! »
Heuuu, c’est celle là ta maison ?
Baa oui !!!
Aaaah bon, c’était pour savoir !
Pourquoi, y’a un souci ???
Non, noooon
Baa si, je sens qu’y a un souci !!!
Non, c’est juste que je m’attendais à une plus grande maison et aussi un peu plus classe.
Ah ???!!!
Heuu , c’est que tu n’as pas arrêté de me dire que tes parents étaient pétés de tunes, c’est tout mais… y’a pas de
souci !!!! elle est très sympa cette maison !
Baa, en tout cas, c’est là que j’ai toujours vécu !
Mais, y’a pas de souci Fomacho, zen, reste zen !!! je te le dis, c’est sympa, voilàaaa, y’a zéro souci de mon
côté tu sais !!!

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