Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /2008 20:03
- Publié dans : ROMAN de Jenny la Martienne - Par Jenny

Le ciel bleuissait un peu plus chaque jour et je ne craignais quasi plus les intempéries (presque plus !). Les oiseaux ne chantaient pas car ce n’était pas la saison. Mais le mien, lui, vocalisait sous la douche à en péter les tympans des voisins. Autant dire que le « bonheur » régnait à nouveau dans notre couple.
Hormis, quelques sorties avec la bande à loustics au bar branché de la ville, nous n’organisions plus beaucoup de barbecue ! Bon, certes, la saison ne s’y prêtait plus et c’était sans doute, entre autres, une des raisons de notre harmonie retrouvée.

Il m’arrivait parfois, planquée sous mon pébroc, de croiser la lousticaire du 1, celle qui avait l’art de lobotomiser le cerveau des mecs, le mien et le sien et surtout le sien !!!
Celle qui excellait dans l’art de diffuser ses précieux conseils et savoir-faire avait mis le grappin sur un gentil nounours bac + 7 et chercheur d’employeur. Ce surdiplômé discret aurait pu étoffer son CV de quelques caractéristiques personnelles susceptibles d’éclairer quelques chasseurs de têtes.

Au numéro 1 du « pré des zétudiants » se trouvait l’appartement étroit du couple modèle. La propreté y était impeccable et l’hygiène une religion partagée. Chaque jour que « lousticaire » faisait, Nounours détachait, lessivait, étendait, repassait, pliait, rangeait puis, sélectionnait, vérifiait, recousait pour que Mamzelle lousticat puisse se vêtir le matin sans se prendre la tête avec des soucis de vulgaire intendance. Le midi si elle daignait rentrer selon son humeur, nounours, attendait debout derrière ses casseroles récurées ou fumantes des mets concoctés avec amour et deshumour (on ne peut pas tout assurer).
Le soir quand elle rentrait épuisée, les fesses usées de les avoir trop essuyées sur les bancs lustrés de la Fac, Nounours sortait ses huiles essentielles et la massait longuement jusqu’au moment où d’un claquement de doigts, elle lui faisait comprendre qu’elle se boirait bien un thé de chine pour achever sa décontraction.
Alors, il la recouvrait rapidement d’une serviette chaude et s’affairait bien vite en cuisine pour préparer son dernier désir. Ce que Lousticat voulait, Nounours le devinait et si par déficience provisoire, il omettait de mettre à jour son cerveau, elle savait le lui rappeler.
« NOUNOURS, je suis sûre que tu as encore oublié de déposer mon tailleur chez le teinturier, tu sais pourtant que j’en ai besoin pour présenter mon mémoire…. »
Mais non ma douce, n’aie crainte, ne va pas faire monter ta tension, tu sais que c’est mauvais pour ta santé que tu as de fragile ; ton tailleur est rangé dans ton vestiaire avec le chemisier blanc que je t’ai acheté.
Quand Lousticat avait mal aux cheveux à force de fulminer et se mêler des affaires à envenimer chez ses voisins ; Nounours, lui massait longuement le cuir chevelu pour dénouer toutes les vilaines contractions qui l’empêchaient de se décontracter et encore plus dommageable : de se concentrer sur son mémoire.
 
En vieillissant (ça arrive vite), j’ai observé que derrière chaque nounours se trouvait toujours une « lousticat » avec ou sans neurones mais toujours avec force caractère.
Mais, me dire-vous, il faut de tout pour faire un monde et que serait-il sans ses subtiles associations.
Si tu te sens l’âme d’un nounours, évite de perdre ton temps à chercher une gentille oursonne, elle te préfèrera un tigre !!!
Oui, je sais, la vie est cruelle et toute martienne que je suis, j’ai eu vite fait de m’en rendre compte.
Les contraires s’attirent et les similaires se regardent avec compassion, voire curiosité pour étudier comment l’alter égo s’en sort.
Bilan : Sur Terre, tu as le choix entre séduire un contraire qui t’épuisera avec ses différences et te ramollir avec un similaire qui te lassera par son manque d’originalité.
Encore, aujourd’hui, je passe de l’un à l’autre et trébuche sans cesse sur ces pierres d’achoppement et cherche inlassablement l’alternative qui me sortira de cette impasse.
 
Ce monde ne semble donc pas pouvoir fonctionner en dehors de tout rapport de force et de l’universelle Loi qui régit le dominé-dominant…. Il faut semble t-il , ici bas , choisir son camp et le choix est philosophiquement perturbant.
A l’heure où je vous parle, je n’ai toujours pas tranché, c’est pour cela que je cherche un Martien.
 
Edifier son avenir n’est pas chose aisée, d’autant qu’il nous faut toujours débuter par les incontournables fondations ! Pas de fondation en béton armé, pas de construction fiable dans le temps.
Etudier l’architecture en parallèle de la psycho, me semble donc essentiel pour bâtir une vie à l’abri de tout séisme. Cela me fait immédiatement songer que je n’ai jamais rencontré d’architecte !!! (s’il y a un architecte qui passe par là…) 

                                               
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lire mon post 1 rubrique : ça se discute : la Rebellion des Nounours.
 
 
 
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